SERIE D’ENSEIGNEMENTS SUR LE LIVRE D’HEBREUX
THEME : « Le Sacrificateur selon l’Ordre de Melchisédek »
TEXTE : Hébreux 7
AUTEUR : Past Benjamin YANOGO
Email : byanogo@ecado.org
Lieu & Date : ECADO – Eglise Centrale, AD, Ouagadougou, BF


Introduction
Lorsque nous lisons l’épître aux Hébreux, rappelons-nous que l’intention de l’auteur est d’inviter ces chrétiens à ne pas repartir vers le judaïsme qu’ils ont jadis abandonné. La Loi ne peut sauver, encore moins le formalisme observé dans le judaïsme. L’auteur met donc l’accent sur la suprématie de Jésus-Christ afin que ses lecteurs comprennent que Christ est la seule foi sure, et qu’ils doivent faire l’effort de demeurer en Lui malgré les diverses épreuves rencontrées, s’ils veulent avoir part à la promesse de Dieu, régner avec le Messie.
Selon le passage d’Hébreux 11, qu’est-ce qui peut amener le chrétien aujourd’hui à reculer pour se retrouver dans un système religieux où il vivra sans le Christ ? Quelles sont ces choses, qui, sans avoir l’air d’être des péchés, bloquent l’accès à la vie éternelle, parce qu’elles sont en réalité un reniement des exigences de la foi en Christ ? Comment faire pour recevoir la grâce de Dieu , demeurer en elle et régner avec Christ ?
L’auteur de l’épître dit : « sans la foi, il est impossible de lui être agréable ; car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent. » La foi en Dieu est l’unique moyen pour être agréable à Dieu, être reconnu par Dieu. Le chrétien doit donc prendre garde à la manière dont il vit et fait les choses.
I – PRENDRE GARDE A LA MANIÈRE DONT ON S’INSTALLE DANS LA VIE
L’être humain se détermine par son besoin de s’installer sur les plans professionnel, géographique et matrimonial. La manière dont le chrétien fait face à ces exigences sociales révèle devant Dieu s’il marche par la foi ou par la vue.
Avoir une profession est primordial pour avoir la possibilité de bâtir sa vie. Ne pas travailler, c’est être incapable de concrétiser sa vie.
Avoir un domicile permet à l’individu de s’organiser pour faire face à la vie, s’engager dans le mariage et espérer avoir des enfants. Le domicile est si important qu’après l’enterrement, on prend généralement le soin de marquer la tombe du mort afin qu’elle ne se perde pas. (Le chrétien doit prendre cependant garde de ne pas fixer son espérance sur la terre.)
Le positionnement matrimonial vient enfin donner force aux aspects ci-dessus mentionnés. C’est la satisfaction du besoin de complément et de communication (Genèse 2.18-24), besoin défini par Dieu car il créa en Adam la quête d’une compagne.
Tous ces domaines dans lesquels l’homme doit s’installer, se positionner dans la vie sont justes. Mais c’est en essayant de les concrétiser que le chrétien montre s’il a foi en Dieu ou s’il marche par la vue. Il faut alors se demander : où est-ce que je tire mes directives de positionnement ? Comment m’installer dans la vie en me basant sur le conseil de Dieu ? En d’autres termes, quelle est la volonté de Dieu pour moi ? En quoi l’exécution de mes ambitions montre-t-elle à Dieu que je dépends de Lui seul et non de mon intelligence ? Comment faire pour que mes choix montrent que je vis par la foi en Lui et non par mes sens ?
Apprenons des témoins du passé.
 Noé et l’appel à construire un abri (Genèse 6.13-14, 17 ; Matthieu 24.38-39 ; 1 Pierre 3.20 ; Hébreux 11.7)
Dieu lui dit de construire une arche pour faire face au déluge. Qu’est-ce que la pluie ? Qu’est-ce qu’un déluge ? Qu’est-ce qu’une barque ? Noé n’en savait rien. Mais puisque Dieu lui a dit de construire, il construisit, recevant de Dieu le plan de construction.
En homme raisonnable, il aurait dû trouver cet ordre insensé, comme les gens de son temps. Personne ne comprenait cet ordre si curieux. Engager une telle construction était de la pure folie à leurs yeux. Noé aurait pu se laisser convaincre par leurs moqueries et lorsque surviendrait le déluge il sera trop tard.
Abraham et la nécessité d’aller s’installer ailleurs (Genèse 12.1 ; Actes 7.2-5 ; Hébreux 11.8-9)
Ur était, humainement parlant, le pays de la sécurité et de l’aisance car sa famille, son clan y résidaient. Dieu lui dit : quitte ton pays. Aller, c’était de l’aventure. Mais Dieu lui dit d’aller. Par la foi, il est parti. Il est alors devenu l’ami de Dieu (Jacques 2.23).
Moïse et le devoir de s’installer parmi son peuple (Exode 2.11-15 ; Hébreux 11.24-26)
La cour de Pharaon était en tous points de vue l’espace de sécurité, un lieu d’avenir pour lui. Adulte, Moïse devait choisir l’endroit où il allait vivre. Par la foi dans le Dieu de ses parents, il fit fi des avantages que lui offrait Pharaon pour aller s’installer avec son peuple. Il a préféré l’endroit où Dieu le voulait à celui où ses envies physiques et matérielles seraient comblées. Il a préféré la misère avec Dieu plutôt que l’abondance et la gloire sans Lui. S’il n’avait pas pris cette décision, il aurait eu plus tard à justifier son mauvais choix devant Dieu et à ce moment, il serait trop tard pour une quelconque réparation.
Josué et le besoin de s’installer en Canaan (Josué 6.1-5 ; Hébreux 11.30)
Prendre Jéricho à la manière de Dieu était déraisonnable, de la folie. Comment réagir à de tels ordres ? Il fallait pourtant oser en parler au peuple, oser le ridicule devant eux mais aussi aux yeux des habitants de Jéricho.
Josué aurait pu résister à cause du ridicule. Mais que seraient alors les résultats ? Josué ne se fait pas répéter les directives divines. Il applique tout simplement cet ordre étrange, parce que c’est Dieu qui a parlé

LEÇONS A TIRER

Les chrétiens devraient prendre garde et suivre les ordonnances que Dieu donne dans sa Parole et par son Esprit lorsqu’ils veulent s’engager pour quelque chose dans la vie. Le choix du travail, le choix du domicile et le choix de la personne à épouser doivent être basés sur notre foi en Dieu et non notre vue, nos sens. Lorsque l’on est enfant de Dieu, Il s’implique vraiment pour nous. Il indique toujours sa volonté à ses enfants, sur toutes les questions de la vie. Il oriente au moyen d’outils variés : sa Parole, sa pensée dans notre conscience, parfois une voix audible, un sentiment, une sensation, une vision, un songe, une prophétie, etc. Il use quelques fois aussi des circonstances qui parlent fortement à notre esprit.

Abraham semble avoir entendu une voix qui lui a parlée ; Moïse a certainement su la réalité à travers un souvenir enfoui dans son subconscient, ou un concours de circonstances, une analyse de faits, etc. ; Noé a peut-être entendu Dieu au travers d’une vision, un songe ; Josué a probablement écouté Dieu dans un temps de prière et de recherche de sa volonté. Peu importe comment, ils ont tous su ce que Dieu voulait qu’ils fassent. Et ils ont obéi.

Ils n’ont pas cherché les voies de l’intelligence. Ils n’ont pas eu peur d’être tournés en dérision. Ils ont simplement obéi car Dieu a parlé.

Que faisons-nous lorsque nous voulons un emploi, un endroit où nous établir, un conjoint ou une conjointe pour fonder une famille ? Cherchons-nous à découvrir la volonté de Dieu ? Que dit-il dans notre cœur par sa Parole, notre conscience, les circonstances parlantes ?

Se livrer à des calculs humains pour la stabilité et la sécurité va certainement nous faire mal un jour. Car les choix humains sont illusoires et trompeurs. Avoir un travail, un habitat, une femme ou un mari c’est bien, mais si ces choses ne sont pas décidées en Dieu, si elles sont basées sur la vue, un jour, elles se révèleront trompeuses. Car les choses de ce monde peuvent nous lâcher un jour. Les circonstances changent si facilement.

Ainsi donc, lorsque Dieu te dit, va dans telle direction, je ne te veux pas dans tel lieu, va plutôt te fixer à tel endroit, que ce soit pour le travail, le domicile ou le mariage, vas-y et ne doute pas de la sagesse de Son conseil. Aies foi en Lui car il sait ce qui arrivera si tu y vas ou si tu n’y vas pas.

Il peut arriver que la volonté de Dieu paraisse ridicule à nos propres yeux ou aux yeux des autres. Mais, c’est Dieu qui nous ordonne d’agir, de nous ‘jeter à l’eau’. Que faire ? Il faut avoir foi en Dieu et obéir.

Certaines personnes se sentent en sécurité dans certains milieux que Dieu leur demande de quitter. Mais craignant de perdre ce qu’ils ont et refusant de voir l’invisible que Dieu a vu d’avance, ils restent, engagent un travail, construisent leur domicile, etc., qu’ils regrettent plus tard. Car ils n’ont pas cru que ce que Dieu leur disait auparavant était pour leur bien.

D’autres, pour ce qui est du travail se sont rendus compte plus tard qu’ils sont pris dans un piège où maintenir la position socioéconomique et ses avantages revient à se souiller spirituellement (engagement mystique, pratiques occultes), moralement (faire du tort aux autres, etc.) et physiquement (sexualité, violence, etc.). Pour refuser de pratiquer ces désordres, il faut accepter de tout perdre, sa position, son prestige. Chose difficile.

Pour ce qui est du mariage, il faut vraiment avoir foi en Dieu et se soumettre à ses directives. Il ne convient pas de s’engager lorsque nous savons que la personne voulue n’est pas faite pour nous, selon les principes bibliques. Ceci n’est pas la foi ; c’est la vue. Le physique, les belles paroles, les biens financiers et matériels sont passagers, trompeurs.

C’est un fait notoire qu’il n’y a pas un couple qui ne rencontre quelques fois des problèmes dans sa vie conjugale. Toutefois, là où la base est Dieu, il y a toujours une solution. La vie y est belle car l’affirmation selon laquelle « celui qui trouve une femme a trouvé le bonheur » s’y vérifie. Mais là où l’on a rejeté le conseil de Dieu, on connait le malheur. S’engager dans le mariage sans l’approbation de Dieu, c’est risquer de se diriger en enfer. Entrer, c’est se retrouver dans un cercle vicieux d’où se retirer est mal, alors que rester est douloureux.

Que faire si l’on est mal parti et que l’on veut retourner vers la foi ? Il faut une recherche personnelle et courageuse de la face de Dieu afin qu’il nous sauve de nos erreurs du passé. Dans sa grâce, il vient au secours de celui/celle qui, comme le fils prodigue de Luc 15, revient à son Père avec un esprit de repentir et de soumission. Dieu a toujours une solution. S’engager ainsi avec Lui, bien que ce soit dans la douleur, c’est aussi s’aligner sur le modèle de la foi des patriarches, celle que Dieu recherche.

 II – PRENDRE GARDE AU TYPE DE RELATION QUE NOUS MAINTENONS AVEC LES PERSONNES ET LES CHOSES QUE NOUS AIMONS
Il s’agit ici de la volonté de donner à Dieu les biens financier et/ou matériel qu’Il nous demande, que ce soit à l’église, à une personne qu’Il nous indique, ou encore à une œuvre à laquelle il veut que nous apportions notre soutien. Il s’agit aussi d’accepter qu’il reprenne ce qu’il nous a donné. Comment montrons-nous que nous avons foi en lui pour l’avenir, sur ces questions ?
Abel et la nature du don (Genèse 4.1-8 ; Hébreux 11.4)
Il savait ce que Dieu demandait : le sang des animaux donné avec humilité. Il a donné le sang et la graisse d’un animal, contrairement à son frère Caïn qui donna des produits des champs. Son sacrifice fut agréé tandis que celui de Caïn fut rejeté.
Abraham et la qualité du don (Genèse 22.1-14 ; Hébreux 11.17-19)
Dieu lui demandait le sacrifice de son seul fils Isaac ; c’était en quelque sorte se sacrifier lui-même, car sacrifier son descendant revenait à cesser d’exister dans l’histoire des hommes. Le ouf d’antan lorsqu’il reçut la promesse d’un enfant (Genèse 17.21 ; 18.14 ; 21.1-5) deviendra alors un lointain souvenir et une source de confusion. Abraham obéit cependant et partit au pays de Morija, lia son fils et prit un couteau pour l’égorger selon l’ordre reçu. Mais Dieu intervint au dernier moment pour lui donner un bélier à sacrifier à la place du fils.
Moïse et la taille de la perte (Exode 2.10 ; Hébreux 11.26)
Lorsqu’il dut prendre position, il ne regarda pas à la taille de ce qu’il perdrait : le fait d’être petit-fils de Pharaon, de posséder les trésors de l’Egypte, d’y régner, etc. Il dévoila son identité hébraïque au risque de perdre sa vie ou de faire face à un avenir misérable.

LEÇONS A TIRER

Quelle est notre relation avec les choses que nous aimons ? Donner à Dieu se rapporte aux offrandes reversées dans l’église (dîmes et offrandes), à la libéralité que Dieu attend vis-à-vis d’une œuvre chrétienne qui demande notre soutien, vis-à-vis d’une personne ou famille chrétienne que Dieu place devant nous, d’un serviteur de Dieu, d’une situation sociale que Dieu nous indique, etc.

Que faisons-nous lorsque Dieu nous demande une chose qui nous est précieuse, une chose qui donnée valorisera notre relation avec Lui et définira la grandeur et la qualité de notre amour pour Lui, notre foi ?

Comment réagissons-nous ? Est-ce que nous donnons réellement selon ce qu’il nous a mis à cœur, ou bien donnons-nous autre chose par souci d’appauvrissement ou de perte de notre sécurité ? Agissons nous comme Ananias et Saphira qui croient pouvoir tromper Dieu ?

As-tu vraiment conscience que pour tout ce que Dieu te donne et que tu possèdes aujourd’hui, Il te responsabilise vis-à-vis des besoins des autres ? As-tu conscience que tu les perdra à l’heure de la mort si tu n’a pas su investir pour Dieu selon les directives qu’Il te donne durant ta vie ? Quelle est ta foi lorsqu’il te dit de donner ?

Est-ce que j’accepte de m’engager dans l’invisible pour agir par la foi, ou est-ce que je me cramponne à ce que je vois pour me laisser lier par les lanières du matérialisme ?

Abel et Abraham nous enseignent que le sacrifice de ce que Dieu demande nous garde d’un amour déplacé et d’un désir de conserver ce qui nous a été confié par Lui. Quand nous donnons exactement ce que Dieu nous demande, nous faisons un renoncement qui nous garde d’un esclavage prochain. Par malheur, certains sont devenus esclaves de choses qu’ils perdront un jour.

Placer sa sécurité dans les hommes et dans les choses c’est ouvrir la porte au péché car le matérialisme c’est avoir Mammon pour Dieu, et s’appuyer sur les hommes est une idolâtrie aux yeux de Dieu. S’en défaire plus tard devient presqu’impossible. C’est pourquoi Dieu dit par Jérémie (17.5, 9) : « Maudit soit l’homme qui se confie dans l’homme, Qui prend la chair pour appui, Et qui détourne son cœur de l’Eternel …Béni soit l’homme qui se confie dans l’Eternel, Et dont l’Eternel est l’espérance ! »

Plusieurs, par leur matérialisme, leur égoïsme, leur avarice croissants sont parvenus à des états de non-retour. Ils ne croient même plus au paradis.

Qui serait assez insensé pour investir dans l’or terrestre s’il était pleinement convaincu de l’existence de valeurs sures dans le ciel ? Là est le nœud du problème : nous n’y croyons pas sincèrement, avec une entière conviction. Le ciel reste pour nous un rêve ou une fuite, un concept religieux que nous professons par souci d’orthodoxie. Si les hommes croyaient fermement au ciel, ils consacreraient beaucoup plus de temps à se préparer pour y résider éternellement…Nous nous contentons d’entretenir l’idée que quelque chose d’agréable nous attend au terme de cette vie considérée comme la seule réelle. (John White, Le veau d’or, le matérialisme dans l’Eglise, Farel, p. 43)

Souvenons-nous de l’homme riche qui, faisant fi du ciel, a refusé de pratiquer la libéralité envers le pauvre Lazare : il a tout perdu (Luc 16.19-31). Certains, comme le jeune homme riche (Luc 18.18-27) croient mourir quand Dieu leur dit de donner ; finalement, leur avarice les empêche d’entrer dans le Royaume de Dieu tout comme ce jeune homme qui s’en est éloigné. S’il avait vraiment mis sa foi dans le Dieu qui pourvoit, il ne se serait pas accroché aux biens qu’il perdra de toute façon un jour. Le péché lie si facilement. « Quiconque prétend posséder la foi qui justifie sans en fournir la moindre preuve confond en fait la foi avec une simple acceptation intellectuelle. L’asservissement aux choses visibles rend suspecte la foi aux choses invisibles. » (White 46) Si nous ne prenons garde nous nous retrouvons paralysés, entrelacés par nos biens matériels, nos avoirs visibles.

Que disons-nous lorsque Dieu reprend un être qui nous est cher pour qu’il se repose dans sa présence ? Lui en voulons-nous ? Est-il pour nous un Dieu méchant ? Que feras-tu de ton refus d’accepter la volonté de Dieu alors que tu dois désormais avancer seul dans la vie ? N’est-ce pas mieux d’avoir avec toi le Dieu qui défend la cause de la veuve et l’orphelin (Jérémie 23.3) ? Pourquoi lui tourner le dos alors que le mort ne peut plus rien pour toi ? N’est-ce pas mieux de croire que le Dieu qui permet ce malheur dans ta vie peut et va venir à ton secours ? Ne te cramponne pas à ce qui ne peut te sauver, tu causeras la mort de ta foi.

III – PRENDRE GARDE A NOS ATTENTES PRÉTENDUES LÉGITIMES
Tout enfant de Dieu a des attentes qu’il croit légitimes car il est aussi humain que les autres, aussi enfant de Dieu que les autres. Comment montrons-nous que nous avons foi en Dieu lorsque nous considérons ces attentes que nous jugeons légitimes ?
Cette prétendue légitimité signifie-t-elle que Dieu doit nous satisfaire ? Croire cela, c’est penser avoir des ‘droits de chrétien’. Mais une telle conception nous cantonne à une vision d’hommes au lieu de nous focaliser sur celle de Dieu. En réalité, toute légitimité ne se trouve qu’en Dieu seul et elle ne peut être défini que par Lui seul car il sait de quoi chacun de ses enfants est fait et de quoi chacun a vraiment besoin pour atteindre le ciel de gloire.
Bien que Jésus ait dit que « …votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez… (Et que) toutes ces choses,…votre Père céleste sait que vous en avez besoin » (Matthieu 6. 8, 32), Dieu dit en Hébreux 11.13, 35-40 :
(13) C’est dans la foi qu’ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises ; mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre … (38) eux dont le monde n’était pas digne…(39) Tous ceux-là, à la foi desquels il a été rendu témoignage, n’ont pas obtenu ce qui leur était promis,  (40) Dieu ayant en vue quelque chose de meilleur pour nous, afin qu’ils ne parviennent pas sans nous à la perfection.
Ainsi, toutes les attentes prétendues légitimes des enfants de Dieu ne seront pas toujours satisfaites. Pourquoi ? Parce qu’il n’existe pas des ‘droits de chrétiens’. Il existe plutôt une grâce dont jouit le chrétien de la part d’un Dieu souverain. Il donne selon Sa connaissance de l’homme, Sa connaissance des projets de Satan, Son plan pour chacun de ses enfants et Son désir ardent de ne perdre aucun de ceux qui l’ont librement accepté (Jean 6.37). Dieu sait ce qui est bon pour nous. Il veillera à nous donner le meilleur.
Avoir un mari ou une femme parait légitime. Avoir un enfant parait légitime quand on est un couple marié. Espérer vieillir avec son mari ou son épouse sans connaitre le veuvage avant d’avoir atteint les 80, 90, 100 ans peut être légitime. Mais que faire lorsque malgré tout, le verdict divin semble contraire à notre vision des choses ? Faut-il :

  • se fâcher contre Dieu, se rebeller contre Lui ?
  • forcer pour avoir un mari ou une femme à tous prix ?
  • tromper son époux ou son épouse pour avoir un enfant à tous prix ?
  • mépriser Dieu parce qu’il a enlevé mon mari, ma femme, mon enfant, mon père ou ma mère ?

Non. Ma situation peut être bien difficile, mais parmi les héros de la foi dont nous parlons en Hébreux 11, plusieurs n’ont pas obtenus ce qu’ils attendaient légitimement. Ils sont morts pour aller trouver la joie qui les attendait dans la présence du Père et créateur de leur âme.
Abraham, Isaac, Jacob et ses 12 fils n’ont pas vu l’occupation de Canaan selon la promesse. Abraham n’a vu qu’un fils, pas la postérité nombreuse selon la promesse. Moïse n’a pas vu le peuple établi en Canaan, David n’a pas vu le temple, etc. Plus que tout, aucun des gens de l’AT n’a vu le Messie promis. Pourtant, « les prophètes, qui ont prophétisé touchant la grâce qui vous était réservée, ont fait de ce salut l’objet de leurs recherches et de leurs investigations ; ils voulaient sonder l’époque et les circonstances marquées par l’Esprit de Christ qui était en eux … Il leur fut révélé que ce n’était pas pour eux-mêmes, mais pour vous, qu’ils étaient les dispensateurs de ces choses, que vous ont annoncées maintenant ceux qui vous ont prêché l’Evangile… » (1Pierre 1.10-12)
Ils ont compris à un certain moment que cette vie n’est pas une fin en soi, que c’est un lieu de pèlerinage éphémère et que c’est dans le futur que s’accomplira la promesse.
L’homme peut-il ou doit-il se plaindre ? Non. Il doit prier et s’attendre à son Dieu. Il doit prier pour son besoin avec insistance. S’il lui arrive de cesser de prier pour ce besoin, ce ne doit pas être parce qu’il est fatigué mais plutôt parce qu’il a compris que ce n’est pas dans la volonté de Dieu qu’il reçoive un exaucement selon ses attentes. Quand Dieu refuse de satisfaire certaines de nos attentes comme ce fut le cas pour ceux de l’AT qui voulaient voir le Messie, « ô homme…qui es-tu pour contester avec Dieu ? Le vase d’argile dira-t-il à celui qui l’a formé : Pourquoi m’as-tu fait ainsi ? » Romains 9.20
C’est en voulant forcer Dieu à changer ses plans que certains se sont vu entrelacés par l’esprit de rébellion qui est un péché, qu’ils ont quitté la route de la foi, celle du ciel de gloire.

 

CONCLUSION
Regardons plus loin que notre besoin de nous positionner, notre besoin de nous sécuriser, et ayons confiance que Dieu ne fera jamais rien qui nous enlève notre vie éternelle. « Sans la foi, il est impossible de lui être agréable ; car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent. » En gardant notre foi ferme en Lui, nous ne risquons pas de nous retrouver loin de l’héritage céleste promis. La foi comme celle des gens du passé, c’est cela la foi en Dieu ; Alors, Dieu n’aura pas honte d’être appelé notre Dieu, car il nous a préparé une cité sur laquelle nous fixons nos regards (11.16b).
A ceux qui ont manqué d’obéir à Dieu et qui sont aujourd’hui dans des tourments, si vous voulez revenir à la foi dont parle Hébreux 11, parlez à Dieu pour lui demander pardon. Décidez de quitter, même si vous devez tout perdre. On peut quitter un travail s’il nous dirige droit vers l’enfer. Seul le mariage est l’engagement que Dieu ne nous permet pas de rompre. Divorcer n’est pas la solution. Mais si vous allez vers Dieu, il vous viendra en aide pour que votre situation s’améliore en vue de la vie éternelle. Lever les yeux vers Dieu, c’est cela la foi d’Hébreux 11.

Pasteur Benjamin YANOGO